La sobriété, un sujet d’actualité

La sobriété est une notion de plus en plus actuelle popularisée par l’écrivain Pierre Rabhi dans son ouvrage « Vers la sobriété heureuse ». La sobriété a fait l’objet d’un rapport de l’ADEME « Panorama sur la notion de sobriété » en 2019, et elle était aussi une question centrale des Assises de l’Economie Circulaire organisées par cette même agence les 7 et 8 septembre 2020, avec un premier atelier intitulé « La sobriété, le nouveau paradigme ». Son actualité a été amplifiée par la crise sanitaire liée au Covid. Durant le premier confinement, l’impact positif dû à la réduction des activités anthropiques a été clairement démontré avec une réduction drastique des émissions de GES et autres particules fines. Certains consommateurs ont été contraints de réduire leurs déplacements et leurs achats à l’essentiel, en fonction de ce qu’Abraham Maslow dans sa célèbre pyramide considère comme des besoins physiologiques et de sécurité, et que Pascale De Rozario réunit sous le concept de « besoins inférieurs », et non de leurs envies. Ils se sont alors rendu compte qu’il était tout à fait possible d’avoir une consommation plus sobre, et que la notion de bonheur était décorrélée de leurs possessions matérielles comme le montre l’enquête du CREDOC « Consommation et modes de vie ». D’autres consommateurs dont je fais partie, plus avancés dans leur démarche individuelle de sobriété dans tous les domaines de vie, via par exemple le minimalisme, le végétarisme et le zéro déchet, ont été confortés dans cette idée.

Définitions de la sobriété

Selon le CNRTL, la sobriété, du latin « sobrietas », est synonyme de modération, retenue, tempérance, simplicité et mesure. Elle est régulièrement remplacée par le terme « frugalité », « simplicité volontaire » voire « minimalisme ». Pour Ivan Illitch, la sobriété pourrait même aller jusqu’à l’austérité. L’économiste allemand Wolfgang Sachs a de son côté lié à la sobriété le concept des 4D : décélerer, désencombrer, décentraliser et démarchandiser. Selon l’ADEME dans son rapport « Panorama sur la notion de sobriété » , on distingue la sobriété subie de la sobriété choisie, et on peut classifier la sobriété selon quatre catégories distinctes définies par l’association Negawatt : sobriété structurelle, sobriété dimensionnelle, sobriété d’usage, sobriété conviviale. Mais aucune définition de la sobriété ne fait consensus. L’agence de la transition écologique résume donc la sobriété de la façon suivante : « La notion de sobriété recoupe des réalités multiples, avec pour point commun la recherche de modération dans la production et la consommation de biens et de ressources. Diverses approches de la sobriété forment un continuum entre la recherche d’efficacité pour une croissance verte et une transformation plus profonde de nos modes de vie ». L’expression « croissance verte » dans cette définition de la sobriété prête à interrogation.

Différents types de sobriété

La sobriété se décline via différentes catégories, on parle ainsi aujourd’hui de :

  • Sobriété énergétique en référence à la démarche de l’association Négawatt inspirée par les travaux d’Amory B. Lovins,
  • Sobriété numérique pour décrire la démarche qui consiste à réduire l’impact environnemental du numérique,
  • Sobriété foncière ou zéro artificialisation nette (ZAN) qui permet, en limitant l’étalement urbain, de préserver la biodiversité,
  • Sobriété lumineuse qui permet de préserver la biodiversité nocturne,
  • Sobriété publicitaire qui consiste à limiter le gaspillage des ressources forestières,
  • Sobriété alimentaire qui vise à réduire la consommation carnée et privilégier le local

Aujourd’hui, la sobriété se présente donc comme une solution incontournable pour la transition écologique. Les territoires commencent à s’emparer du sujet ( voir le dernier rapport de l’ADEME ouverture dans un nouvel onglet : Etat des lieux des actions de sobriété dans les territoires français ) et d’autres types de sobriété voient le jour : sobriété territoriale, sobriété des mobilités avec les mobilités douces et actives…

La sobriété n’est pas une finalité mais une démarche individuelle ou collective nécessitant une évolution des comportements et ayant des conséquences vertueuses sur l’homme et l’environnement.